Review Policy
/ Politique de critique
Dinu Lipatti
Grands Pianistes du XXème Siècle :
Philips 456-892-2
   
Il
n'est jamais facile de critiquer un disque de Lipatti : que dire d'un interprète que
personne, en plus d'un demi-siècle n'a été contesté? Quand Philips a fait la
sélection des enregistrements du pianiste, un des critères a manifestement été la
qualité des enregistrements; l'autre a sans doute été un choix exhaustif visant à
montrer les différentes qualités de Lipatti, chacune à son tour étant mise en valeur:
la technique dans l'Alborada del gracioso, la polyphonie dans la Partita, la
variété des ressources instrumentales dans la Sonate K.310, la sensibilité
inégalable dans le Nocturne, le génie dans la 3e Sonate de Chopin, et la
puissance indescriptible gorgée d'émotion des oeuvres avec orchestre, les légendaires
concertos de Grieg et de Schumann. Le seul véritable malheur est que dans le pressage
utilisé par Philips, la bande de la 3e Sonate de Chopin ne tourne pas exactement
à la bonne vitesse.
Artur Rubinstein (Vol. 1)
Grands Pianistes du XXème Siècle
Philips 456-955-2
    
Nous
avons ici une sélection irréprochable du célèbre coffret RCA de Chopin enregistré sur
le tard par Rubinstein. Il n'existait jusqu'ici aucune anthologie valable, et ce volume
satisfera autant les amateurs de Chopin que les inconditionnels du pianiste qui ne peuvent
se payer la collection complète. Si le Nocturne opus no 1 et la quatrième Ballade
restent encore insurpassés dans la discographie, les Impromptus quant à eux
s'imposaient, avec les nouvelles Études, comme cycles complets. La deuxième Sonate
est un monument discographique, ainsi que les légendaires Polonaises. Les trois Nocturnes,
ainsi que les Valses, l'Andante Spianato et Grande polonaise brillante,
et surtout la Berceuse et la troisième Ballade, sont autant de merveilles.
La puissance descriptive et profonde de ce jeu que le micro a peine à contenir font de
ces gravures un must. Il est heureux qu'elle soient enfin disponibles dans une
présentation autre que le coffret de 12 CDs ou les cycles complets. -Frédéric-Pascal
Stein-Ducroq
Verdi : Falstaff
Will Humburg / Orchestre de l'Opéra d'État hongrois
Naxos 8.660050/51 (2 CD) (119')
  
Falstaff, l'ultime chef-d'oeuvre de Verdi,
débordant de mélodie, ne contient pourtant pas d'airs universellement populaires. En
conséquence, cet opéra est encore insuffisamment représenté dans les séries de
disques économiques. L'enregistrement de Naxos vient donc combler un vide et, comme il
est excellent, on ne trouvera rien de mieux à un prix comparable. Domenico Trimarchi
(Falstaff) a connu une longue et brillante carrière et s'est fait une spécialité de ce
rôle pour l'avoir maintes fois interprété à la scène. La voix commence à montrer des
signes de fatigue (vibrato assez prononcé), mais quel métier! Et voilà justement un
opéra où le métier du théâtre compte pour beaucoup. Le reste de la distribution,
généralement de haut niveau, avec tout au plus un petit point faible ici et là, a le
mérite considérable d'être constitué surtout de chanteurs italiens, ce qui signifie :
(1) qu'ils comprennent parfaitement tout ce qu'ils chantent et (2) qu'ils savent rendre
justice à la couleur d'un texte qui, pour la plus grande part, dépend de sa
prononciation «idiomatique». Ils savent aussi faire équipe - atout indispensable pour
une oeuvre où presque tout se fait en ensemble - et ils sont solidement épaulés par le
chef, Will Humburg, dont l'expérience des partitions compliquées lui permet de se jouer
de toutes les difficultés. Sa direction manque un peu d'humour, mais, comme les chanteurs
en ont à revendre, on s'en rend à peine compte. Livret complet, mais en italien
seulement, excellents synopsis (en français, anglais et allemand), notes assez fournies
et biographies des artistes. -Pierre M. Bellemare
Richard Strauss: Lieder
Edith Wiens, soprano. Rudolf Jansen, piano
Les Disques SRC MVCD1090 (57'54")
    
Cette compilation de vingt-deux lieder couvre
toute la carrière du compositeur allemand Richard Strauss, et comprend aussi bien des
"raretés" (e.g. Malven, sa dernière composition, publiée en 1985) que
des oeuvres bien connues (Die Nacht, Allerseelen, Morgen, Ruhe
meine Seele, Wiegenlied, etc.). La plupart ont un ton sentimental ou
philosophique, mais Schlechtes Wetter et Muttertändelei sont plutôt
comiques. Malgré quelques aigus forte (particulièrement dans Zueignung)
où la voix devient dure et les voyelles sont déformées, Edith Wiens possède une belle
voix, riche et pleine de personnalité. Elle chante ce répertoire avec sensibilité et
fraîcheur. Le chant et l'accompagnement ne font qu'un. Ce disque constitue non seulement
une excellente introduction aux lieder de Strauss, mais tient même une place
respectable au sein de la discographie complète de ce répertoire. Le livret est très
complet. Par contre, il n'y a que 58 minutes de musique, ce qui ne rend pas justice à la
fertilité du compositeur soulignée dans les notes. -Eric Legault
Ae Fond Kiss: Ballads and Folksongs
Edith Wiens, soprano. Rudolf Jansen, piano. Judy Loman, harpe
Les Disques SRC MVCD1102 (73'59")
    
La
diversité du répertoire sur ce disque peut surprendre. Les compositions de Stephen
Foster et de James Butterfield, et les ariettes d'opéras quasi oubliés de Flotow, Balfe
et Bishop, représentent bien le genre de musique qui se trouvait dans les bancs de pianos
nord-américains au début du siècle. Mais ce recueil contient, en plus, des arrangements
modernes de chansons traditionnelles et des mélodies originales modernes (Willan,
Britten, Copland, Ives). Romantique, nostalgique ou comique, le ton des morceaux est
encore plus varié que dans le récital Strauss (CBC MVCD 1090). De ce dernier, je
répète ici mes commentaires favorables sur l'interprétation, et je souligne
particulièrement l'articulation claire et l'expression très naturelle d'Edith Wiens. Les
notes du livret ne suivent aucun ordre apparent et sont trop brèves (quatre des onze
compositeurs sont pratiquement ignorés.) Il ne faut pas s'attendre non plus à y trouver
une explication claire des trois genres musicaux mentionnés dans le titre même. Par
contre, le minutage total est généreux. - Eric Legault
Britten : Curlew River
Sir Neville Marriner / St. Martin in the Fields
Philips 454 469-2 (70) DDD
    
This
is an atmospherically played and lovingly presented recording of Brittens
"parable for church performance." It is also one of the centurys strangest
products of cross-cultural fertilization. The libretto is based on the medieval No-play Sumidagawa,
which Britten enjoyed in his 1955 tour of Japan. He transferred the outline to
medieval England, but scored it with Asian instrumentation (drum, flute, horn, harp) in
mind. The Abbot (bass baritone Gidon Saks) narrates in a Sprechgesang fashion,
accompanied by male chorus. Luxury casting includes baritone Simon Keenlyside (The
Traveller) and tenor Philip Langridge (The Madwoman). This is a wonderful chance to
discover another facet of Brittens genius. Notes and libretto in English, French and
German.
No Tenors Allowed
Samuel Ramey, basse. Thomas Hampson, baryton
M. Gómez-Martinez / Münchner Rundfunkorchester
Teldec 0630-13149-2 (7312")
    
Les
duos pour basse et baryton sont peu nombreux, mais ceux qui sont présentés ici sont
pleins dintérêt tant musical que dramatique. Parmi les raretés, citons les duos
dIl Matrimonio Segreto de Cimarosa et du Marino Faliero de Donizetti.
Les duos mieux connus comprennent « Suoni la trombaÊ» dI Puritani
et le duo saisissant entre Posa et le roi Philippe de Don Carlos. Ramey est en
belle voix riche et paraît plus expressif que son cadet Hampson. Accompagnement
dorchestre discret et acceptable. Le son vif et net de ce disque généreux est bien
centré sur les voix.
Brahms : Concerto pour violon / Sonate no 2
Maxim Vengerov, violon
Daniel Barenboim / Chicago Symphony Orchestra
Teldec 0630-17144-2 (6152")
   
Encore dans la vingtaine, le violoniste russe
Maxim Vengerov est lun des plus grands violonistes vivants. Malgré son talent (et
son splendide Stradivarius, c. 1723, « ex-Kiesewetter »), cet enregistrement en direct
réalisé en octobre 1997 nest pas sans défaut. Bien que sa technique puissante et
économe soit impressionnante et aide à projeter le son, les micros captent des moments
troublants lorsque la pression de Vengerov altère la tonalité. Le son de
lorchestre de Chicago est tout en rondeur, somptueux, minutieux, mais Barenboim
nest pas un grand spécialiste de Brahms. Ce disque plaira aux amateurs de Vengerov,
mais jattendrais un enregistrement en studio avec un chef plus inspiré.
Sir Georg Solti : A Celebration
Zubin Mehta / London Philharmonic
London 466-000-2 (76 48")
    
La meilleure raison musicale dacheter ce
disque est lextraordinaire prestation par Maxim Vengerov du Concerto pour violon
de Tchaïkovski. Vengerov avait déjà enregistré ce concerto en mai 1995 avec Abbado et
le Philharmonique de Berlin, mais quelle différence trois années et Rostropovitch
au podium peuvent faire ! Vengerov est le Heifetz des temps modernes, livrant une
interprétation étrange et brillante qui recrée en profondeur ce concerto. Le reste de
lalbum est du remplissage : une ouverture négligeable, des arias passables de la
soprano Angela Gheorghiu et de la mezzo Anne Sofie von Otter, et linévitable scène
de clôture du Götterdämmerung, bien inférieure à la version vieille de trente
ans de Solti. Les profits des ventes de ce DC iront à la Fondation Solti pour les jeunes
musiciens.
Chopin : Piano Works
Gabriela Montero, piano
Palaxa CD-0510 (71) DDD
    
This is
Venezuelan pianist Gabriela Monteros second recording on the Montreal-based Palexa
label. This all-Chopin program finds her in a relaxed and confident mood, considerably
more commanding than in her recent Chopin Festival recital at Centre Pierre-Péladeau,
which featured the same repertoire. On disc Montero is master of varied styles and genres,
from the moody, poetic Nocturne in C minor, Op. 48 no.1, to the epic Sonata in B flat
minor. She comes across as a technically secure young artist with a brave willingness to
impose her romantic vision on familiar masterpieces. The bright clear sound of the Fazioli
piano is well-suited to this repertoire. The recorded sound is naturally balanced and
clear.
Concerti Italiani
Christopher Millard, basson
Mario Bernardi / CBC Vancouver Orchestra
CBC SMCD 5185 (6957") DDD
    
Cette anthologie de musique italienne pour
basson et orchestre réserve de nombreuses et agréables surprises : lAndante
sonore de la Suite concertino en fa majeur de Wolf-Ferrari, op. 16, et le Concerto
pour basson de Nino Rota, leste et aguichant, plein de latmosphère
cinématique. Les Variations sur un air de Pergolèse dOtmar Nussio sont plus
expérimentales : il sagit de dix courtes études de tempi différents, dun
certain intérêt académique, qui illustrent les capacités du basson. Le Concerto
pour basson (1952) de Franco Donatoni est une uvre contemporaine
caractéristiquement sombre et angoissée. Le soliste est le bassonniste solo du CBC
Vancouver Orchestra Christopher Millard, dont le jeu est impeccable. Lorchestre sous
la direction de Bernardi offre un excellent accompagnement tout en retenue. Si ce
répertoire de spécialiste vous intrigue, nhésitez pas.
Sacred Music at the Saxon-Polish Court
H.-C. Rademann / Dresdner Barokorchester & Kammerchor
Raum Klang RK 9702 (6543")
     
Hasses Miserere (c. 1760) and
Zelenkas Missa Dei Filii(c. 1740) are two liturgical works of great
individuality and charm. Composed for the Dresden court of Augustus the Strong (Elector of
Saxony and King of Poland) both these works celebrate a theatrical and sensuous Roman
Catholic faith. Court composer Johann Adolf Hasse was married to the celebrated soprano
Faustina Bordoni and his light-hearted Miserere is shamelessly italianate and
operatic. Zelenkas Kyrie and Gloria, all that remain of his Mass, ZWV 20, are also
delightful. All credit to the excellent Dresden orchestra and choir, sounding glorious in
the authentically churchy resonance of the Lukaskirche, Dresden.
Bertolt Brecht by Sylvia Anders
Justus Noll & Jazz Friends
Myto 982.H016 (69)
     
Fans
of Lotte Lenya and Ute Lemper should grab this recording of 26 cabaret songs by
Hamburg-born chanteuse Sylvia Anders. Her half-sung, half-spoken recital of Brechts
spicy and revolutionary lyrics is more authentic than Lemper, more easy on the ear than
Lenya. Familiar songs like Surabaya-Johny are outnumbered by other Brecht
masterpieces. Anderss only weakness is her singing of six English songs, marred by
bad diction and rhythm. Accompaniment by a vast range of instruments (synthesizer,
percussion, piano, clarinet, guitar, flute, etc.) is exceptionally innovative and
impressive.
Mozart : Clarinet Concerto K. 622
Philippe Entrement / Wiener Kammerorchester
Musique dabord HMX 2901304 (6134") DDD
   
An excellent mid-price recording of
Mozarts Clarinet Concerto K. 622, a genial composition dating from the last year of
his life. Also included, Symphony No. 27 and Symphony No. 21, featuring the
Wiener Kammerorchesters especially fine string section. recorded in 1989, the
acoustic is spacious and clear. Notes in Englsih, French, and German.
Haydn : "Prussian" String Quartets Op. 50, Nos. 1-3
Naxos 8.553983 (6502") DDD
Schubert : String Quartets (Vol. 3)
Naxos 8.550592 (7315") DDD
Kodaly Quartet
  
Two more great recordings from the Kodaly Quartet. Haydns Prussian
quartets and Schubert's early Quartets Nos. 3, 9, and 7, all played with the Kodaly
Quartets usual firm intonation, good ensemble coordination, rich sound and plenty of
color. Budapests acoustically excellent Unitarian Church is the recording venue. A
real budget price bargain.
Winter Poems : Music of Glenn Buhr
Bramwell Tovey / Winnipeg Symphony Orchestra
CBC SMCD 5184 (7638")
    
Le compositeur canadien Glenn Buhr pourrait fort
bien savérer le prochain grand vulgarisateur de la musique classique contemporaine
de ce pays. Son dernier disque est une merveilleuse collection de compositions vocales et
orchestrales facilement accessibles, écrites dans les années 1980 et 1990.
Luvre titre, winter poems (1994), voyage dhiver orchestral
inspiré par la vue des prairies enneigées environnant Winnipeg, est émouvante sans
être kitsch, nouvelle-âgeuse sans faire entendu. Le Concerto pour alto (1995),
pour laltiste solo de lOSM Neil Gripp, est une composition franchement
cérébrale. Beren & Lúthien, suite tripartite basée sur une partie du Silmarillion
de Tolkien, projette de fabuleuses images sonores. The Jumblies est la seule
faiblesse du disque, un air interminable daprès le poème absurde dEdward
Lear. Le talent de la soprano colorature canadienne Tracy Dahl est gaspillé dans ce
lassant exercice davant-garde. Autrement fortement recommandé.
Bach : Cantates, Vol. 1 (BWV 4, 150, 196)
Masaaki Suzuki / Bach Collegium Japan
BIS-CD-7751
    
Voici le
premier volume de lintégrale des cantates de Bach que se propose de réaliser le
Bach Collegium Japan (BCJ). Comme nous le savons, le BCJ a déjà enregistré des
interprétations fort honorables de Schütz et Händel, mais dans les notes de ce disque,
le chef Masaaki Suzuki pose ouvertement la question : « Les Asiatiques peuvent-ils
comprendre Bach ? » Il affirme que « le Dieu que Bach a servi et le Dieu en lequel je
crois aujourdhui sont le même ». Certes, le BCJ est un excellent ensemble,
supérieur à bien des formations de musique ancienne européennes ou américaines.
Lorchestre est impeccable et le chur, avec des divisions claires et
disciplinées, est dune belle tenue. Les solistes sont moins convaincants. La
soprano Yumiko Kurisu a une voix déglise nette et convenable, mais il lui arrive de
trébucher. Le contre-ténor Akira Tachikawa est excellent, avec sa voix puissante et
suave, sans vibrato, mais le ténor Koki Katano déçoit.
La Folia
Jordi Savall, viole de gambe, et al.
Aliavox AV 9805 (54'45")
     
Les
enregistrements du gourou de la musique ancienne Jordi Savall sur sa nouvelle étiquette
Aliavox remportent des honneurs mérités. Son dernier album trace le développement (de
1490 à 1701) de la folía, une sorte de danse vive et animée venant de la
péninsule ibérique (les groupes montréalais La Nef et lEnsemble Claude Gervaise
sont dexcellents interprètes de ce répertoire). La plupart des compositions sur ce
disque unissent la viole, la guitare (ou le théorbe, la vihuela) et le clavecin. Comme
Savall nous y a habitués, la conception et lexécution sont de bon goût et de
haute qualité. La musique est aérienne, et la sonorité riche et magique (les
enregistrements ont été réalisés en Suisse et en France en 1998). Seul problème :
comme tant de violoncellistes, Savall met beaucoup démotion dans ses grognements,
ce qui entache le charme de plusieurs pièces sur ce disque trop court (on aurait pu
ajouter 15 minutes de musique !). Notes en français, anglais, allemand, espagnol, catalan
et italien.
John Browning : Debut Recital
EMI 7243 567017 (70'20")
    
Le pianiste américain John Browning avait 25 ans lorsquil a
enregistré en 1958 ce premier disque, aussi impressionnant aujourdhui quil
létait à lépoque. EMI a ajouté 22 minutes de musique captée en direct
lors dun récital de 1959 au New York Town Hall (présence donc de toussotements et
applaudissements). Les interprétations de lImpromptu no 4 de Schubert et de
la Partita no 2 en ut mineur, BWV 826 de Bach sont compétentes, mais non
renversantes. Il est intéressant de comparer le Bach « romantique » de Browning au
style plus cérébral dun Glenn Gould. Le report numérique des bandes originales
est excellent. Bonne introduction nostalgique à ce musicien délicat.
Vaughan Williams : Symphony No. 6, etc.
Bernard Haitink / London Philharmonic Orchestra
EMI 5567622 (6841") DDD
   
This is a frustrating disc. The London
Philharmonic under Bernard Haitink play with miraculous clarity and incision. The recorded
sound (rec. Watford Colosseum, Dec. 1997) is an audiophiles dream. But, alas,
Vaughan Williamss late Symphony No. 6 (1944-1947), composed in his seventies, is a
meretricious pastiche with nary an original idea. The opening Allegros ostinato
figures and episodes of domestic angst are simili-Janacek. The jaunty programmatic
"street scenes" are Coplandish, and the fate motives are watered-down Holst. The
Scherzo is second-hand Shostakovich. The symphonic impressions of In the Fen Country
(1904-7) take us back to the pastoral Vaughan Williams. On Wenlock Edge, a song
cycle based on Housemans poems, contains the famously haunting "Is My team
Ploughing." Tenor Ian Bostridge is a remarkable artist with a stunningly expressive
voice, but the songs lie so high he almost screams the high-pitched lines. One prefers the
less effeminate baritone versions (try Bryn Terfels album Vagabond, DG
445-946-2).
Caldara: La Passione di Gesù Cristo Signor Nostro
Fabio Biondi / Europa Galante
Virgin 7243 545 32528 (7931") DDD
   
This oratorio is a bore. Composed circa 1730 for
Habsburg Emperor Charles VI by Antonio Caldara and librettist Metastasio, it has none of
the operatic thrills of Caldaras earlier Maddalena ai piedi di Cristo
(wonderfully recorded last year by René Jacobs on harmonia mundi). The first Holy Week
performance in Vienna featured a castrato as St. Peter, a male soprano as St. John, a
female soprano as Mary Magdalene, and a bass as Joseph. This recording uses a contralto
for St. Peter, two female sopranos, and a bass. The voices are strong but none of the
solists sound very comfortable singing their dreary lines. Soprano Patricia Petibon (the
exciting Blonde on the recent Erato recording of Mozarts Entführung aus dem
Serail) makes no impression here. Biondi and his band play well, but the music is
deadly.
Wolfgang Holzmair : La voix en vedette
Parmi
les interprètes suprêmes du lied vivants, le baryton autrichien Wolfgang Holzmair occupe
une place à part. En finesse dinterprétation et en subtilité vocale, il est
légal des meilleurs chanteurs allemands, cest-à-dire parmi les meilleurs des
meilleurs. Dans la catégorie des hauts barytons lyriques, il trône au sommet.
Dans la quarantaine, Holzmair se situe entre les
légendes maintenant à la retraite comme Peter Schreier et Dietrich Fischer-Dieskau et la
nouvelle génération de jeunes Wunderkinder comme le baryton allemand Matthias
Goerne et le ténor anglais Ian Bostridge. Le timbre haut et clair de Holzmair évoque le
Hermann Prey des grandes années, alors que sa diction et sa qualité dinterprète
surpassent celles de lAméricain Thomas Hampson. Holzmair adore chanter dans le
registre supérieur du baryton, où lon trouve les effets les plus touchants des
lieder d'un Schubert ou dun Schumann. Son pianissimo, sa mezza voce, sont des
splendeurs. Mais les comparaisons donnent une idée bien imparfaite du charisme dun
interprète du lied. Les grands chanteurs de lieder sont des figures orphiques, des
demi-dieux qui accomplissent des miracles vocaux et Holzmair est indubitablement
lun des élus. Aucun autre métier dinterprète nexige autant
dexpérience, détude et dintelligence. Chaque prestation, risquée,
passionnément imprévisible, tient à une interaction complexe entre linterprète,
le public, le chant et le lieu.
La Société musicale André Turp présente Wolfgang
Holzmair, baryton, et Russell Ryan, piano à la Salle Pollack, Faculté de musique de
McGill, 555, rue Sherbrooke Ouest, Montréal, le 5 mars 1999 à 20 h. Billets : 46,31 $,
55,52 $. Billetterie McGill : (514) 398-4547. Admission : (514) 790-1245. 1-800-361-4595.
Société André Turp : (514) 397-0068.
Discographie de Wolfgang Holzmair
Schubert : Schwanengesang D. 957, etc. Imogen
Cooper, piano. Philips 442-460-2 (7655")
Schumann : Dichterliebe, op. 48. Liederkreise, op.
24. Heine Lieder. Imogen Cooper, piano. Philips 446-086-2 (6642")
Schubert : Winterreise D. 91. Imogen Cooper,
piano. Philips 446-407-2 (6955")
Beethoven : Airs populaires. Trio Fontenay Philips
442-784-2 (6045")
Fauré, Ravel, Duparc : Mélodies françaises.
Gérard Wyss, piano. Philips 446-686-2 (7727")
Krenek : Reisebuch aus den österreichisen Alpen.
Gérard Wyss, piano. Philips 454-446-2 (6937")
La Flûte enchantée à lUniversité de
Montréal
Les
programmes dopéra des universités et conservatoires du Québec ne sont pas
seulement des camps dentraînement pour les étoiles de demain. Les productions
annuelles, bien qu'elles soient appuyées sur des budgets minimes, sont souvent soulevées
par limagination et lenthousiasme de la jeunesse. Cest ainsi que nous
avons pu assister chez nous, ces dernières années, à des prestations opératiques très
séduisantes. On gardera les meilleurs souvenirs des Dialogues des Carmélites, à
luniversité de Montréal, dAriadne auf Naxos et de Die Fledermaus,
à McGill. (Photo: Raphaël Paquette, la Reine de la nuit)
Le mois prochain, le département de musique de
lUniversité de Montréal fait un pas de géant vers la création de conditions
professionnelles pour ses étudiants en art vocal, reconnus parmi les plus doués au
Canada. Pour la première fois, l'université présentera son opéra annuel avec un
orchestre complet. Autrefois, les opéras de luniversité avaient lieu dans la
petite chapelle, avec accompagnement au piano. Lorchestre de 60 musiciens de
luniversité de Montréal, dirigé par Jean-François Rivest, accompagnera, du 18 au
21 mars prochains, quatre représentations de La Flûte enchantée, lopéra
féérique de Mozart, à la salle Claude Champagne.
Il a fallu déménager de la chapelle à la salle
Claude-Champagne afin daccommoder lorchestre. Cependant, la nouvelle salle,
malgré ses qualités acoustiques indéniables, na pas été conçue pour
lopéra. Il nexiste pas demplacement spécifique pour léclairage
et lentreposage de décors. Les changements de décor devront donc être réduits au
minimum. En labsence dune fosse pour lorchestre, les 60 musiciens seront
sur scène, ce qui pose un délicat problème pour le metteur en scène, Nathalie
Deschamps.
Madame Rosemarie Landry, directrice du département
dart vocal de lUniversité de Montréal, brûle denthousiasme à
lidée de voir ses étudiants se produire à la salle Claude-Champagne. «La salle
Claude-Champagne a dix fois la capacité de la chapelle; les jeunes chanteurs devront donc
penser à faire porter leur voix et leur jeu. Ils aurent aussi chanter avec
lorchestre, et non seulement avec le piano.»
Les quatre représentations compteront une double
distribution, avec des étudiants au bac et en maîtrise. Lun des Tamino a été
prêté par le Conservatoire. Raphaëlle Paquette, lexcellente soprano colorature,
jouera le rôle de la Reine de la nuit. Pour la première fois, lentrée à
lopéra de lUniversité de Montréal ne sera pas libre, mais le prix
dadmission est minime et pour une bonne cause. Au plaisir de vous y rencontrer! |